C'est donc sans me presser, et en prenant mon temps pour visiter à gauche à droite le campus que je me suis levé jeudi matin. Pas de stress, je tente d'avoir droit à mon petit déj' au café qui se trouve juste à côté du motel. Ah, le buffet gratuit se finit à 9 heures 30. Il est moins vingt, merde. Bon, pas grave, je commande mon premier breakfast in America, avec tout de même un rabais de 3 $ vu que je suis client du motel. Sur une dizaine, ça compte.
11.00 am, j'ai traversé tout le campus pour revenir à la Viterbi School, l'ensemble de bâtiments dans lequel se trouve mon labo. Dans les arbres devant la porte se bastonnent deux écureuils, sûrement un signe. Dans l'entrée du centre, je remarque un truc marrant, que j'avais jamais vu auparavant : une machine en tout point semblable à un distributeur de boissons, mais délivrant au lieu de sodas des stylos, des carnets, des livrets d'évaluation, des piles, des CD vierges, et caetera. Un petit tour dans la salle en question, personne à part un autre des étudiants du groupe, qui m'informe que le Dr. V. ne s'est pas montré aujourd'hui. Soit.
Pas de problème, je redescends, et vais m'asseoir dans l'herbe dans l'Alumni Park, à lire des publis envoyées par Dr. V. dans l'attente du début d'un concert prévu à midi, comme tous les jours cette semaine.
Sur la scène pas minable et couverte, quatre undergrads déboulent et entament un court discours de présentation. Le groupe s'appelle Nebula Explosion. Et merde. Des geeks physico-musiciens. Du jazz astrophysique. Suivent tout un tas de chansons plutôt sympas, dont je retiendrai surtout la plus bordélique.
'I'm a robot from the future and I'm programmed for dancing. I'm a robot from the future and I'm programmed for dancing. I'm a robot from the future and I'm programmed for dancing.'
La chanson commence plutôt calmement, pendant que les paroles sont scandées façon cyborg, et que le chanteur fait des mouvements de gymnastique robotique mal huilés. Puis celui-ci gueule toute une série de 'Malfunction! Malfunction!' et c'est là que le bordel arrive. Les zicos jouent n'importe comment, bougent dans tous les sens, ça ressemble plus à rien, ni visuellement, ni musicalement. Mais c'est marrant. Dans le public, les étudiants comme les profs se gaussent. Le concert se finit, et le chanteur présente ses comparses, énumérant chaque instrument.
'À la basse...'
Dammit! Du français. Avec un putain d'accent américain, soit, mais du français.
'À le piano...'
Comme quoi, malgré Bush fils et la guerre en Irak, la langue française peut encore être en odeur de sainteté, voire même synonyme de classe aux États-Unis...
'See you tomorrow. Bon après-midi.'
Après être sorti du campus, je passe à l'university village, une sorte d'agglomérat de bouis-bouis vendant respectivement de la bouffe thaï, chinoise, libanaise, japonaise, mexicaine... J'y commande un iced blended watermelon juice, c'est à dire un jus de pastèque mixé avec des glaçons. C'est bon.
Au retour, une surprise plutôt mauvaise. Le Wi-Fi marche plus au motel. À la réception, on m'apprend que le motel n'a jamais eu de connexion sans fil. Du coup, je bite plus rien à rien. Le mec a l'air de bonne foi. Il me dit que le café a un accès sans fil à Internet, que ce doit être celui-là que j'ai capté. Je rentre chez moi, déçu, mais toujours convaincu d'avoir raison. Lors de mon arrivée, le réseau du café était présent, mais j'étais bien connecté à celui du motel, nommé, comme le motel, Vagabond. Mais bon, qu'à cela ne tienne, je vais dîner au café, histoire de récupérer les identifiants pour utiliser leur réseau.
Mouais... Ça marche que quand ça veut, au gré des vents et des mecs qui passent entre le café et ma chambre. Non, ça marche pas, en vrai. Ou alors trente secondes toutes les deux heures. C'est suffisant pour recevoir le message de Z. disant qu'il passe me chercher en voiture le lendemain pour aller voir Dr. V., mais c'est tout. C'est pas comme ça que je vais trouver un endroit où vivre, moi. 'Chier.
Vendredi
Ensuite, direction le bureau de Z., où je pose mes affaires. Z. me montre un ordi, et me dit que ce sera le mien à l'ISI. Ce qui porte le compte d'ordis mis à ma disposition à deux. Plus le mien. On va ensuite deux portes plus loin, donc, pour enfin rencontrer Dr. V..
Autant Z. parle vite, autant Dr. V. est plutôt lent au niveau de la jactance. Mais ça me permet de bien le comprendre. Z. prend la parole pour me présenter, puis est suivi par Dr. V. :
'Simon, does Z. not speak too fast for you? ...He speaks too fast for me, anyway.'
S'ensuit une discussion sur ce que j'attends du stage. Oui, ce que j'en attends, pas ce que lui en attend. J'aime bien cette mentalité. En définitive, ça sera du fifty-fifty. Je ferai moitié simulation numérique avec Z., et moitié expériences de bio en labo avec une étudiante dont j'ai oublié le nom. J'aurai peut-être à présenter un compte-rendu de mon boulot à la fin au groupe dont fait partie l'équipe du Dr. V.. À ce propos, Dr. V. aimerait me voir au conference group meeting qui justement est une réunion de tous les membres du groupe, présidée par le grand manitou, le Dr. G., afin que je m'y présente, et que j'entende parler de toutes les recherches du moment dans le groupe.
'Since he talks slowly, people think Dr. V. is judging them.'
Personnellement, moi ça allait, un docteur qui me propose du café en entrant ne peut pas me vouloir de mal.
Z. me présente ensuite B., le respo technique de l'ISI, qui met en place mon PC et nous laisse y installer Ubuntu. On parle un peu de la scolarité en France, il me demande si j'ai vu un documentaire avec une histoire de murs dans le titre. Je réfléchis un peu. Entre les murs ?
'Between the...'
'Yup, Between Walls. Have you seen it?'
'I've heard about it. But not seen it.'
'Uh. Ok.'
Z. demande des renseignement à B. par rapport à mon téléphone. Ils trouvent une adresse pas trop loin. Une fois qu'Ubuntu a fini d'installer ses 268 mises à jour, on s'y rend, et je repars avec un téléphone mobile flambant neuf, sans contrat, avec 1000 minutes de communication dedans. et rechargeable au besoin. Z. me ramène au motel en me laissant une publi de plus à lire.
Je finis d'ouvrir l'emballage du téléphone (J'avais commencé à l'ouvrir, ainsi que ma main, dans la voiture) et appelle Z.. J'arrive pas à l'avoir. Mais il me rappelle. Victoire. Tout marche. À la télé, un super-héros parodiant Batman, engoncé dans une armure complète violette dès qu'il sort de la cave secrète aménagée sous sa maison, sort des versets des Évangiles. L'épisode se finit, et j'apprends le nom de la série. C'est Bibleman. True story. Bon. Dodo.
Samedi
Histoire de pouvoir lire mes mails, je me rends à l'USC. Devant l'entrée, je photographie une camionnette qui m'intrigue. À quelques pas d'une statue que j'avais déjà remarquée pour les insignes maçonniques qu'elle portait, le minivan affiche lui clairement le compas, l'équerre et le G au milieu. Si vous me croyez pas, vous avez qu'à agrandir la photo en cliquant dessus. Je sais pas si ça vaut la pyramide et l'œil triangulé du Grand Architecte des bucks façon billets, mais Robert Langdon saurait sûrement qu'en faire.
Toujours en passant, je croise des types peinturlurés en bleu et/ou vert. Je suppose que c'est pas pour une nouvelle pub d'Intel. Ya plus de chances que ce soit pour l'Earth Week qui arrive. Pendant une semaine, l'USC se sent pousser des feuilles.
Je m'assois, je pianote, je regarde mes mails. Youhou ! Retour à la civilisation.
Sur le retour, j'arrive à prendre en photo un des écureuils qui avaient décidé de se battre sur mon passage.
Et enfin, retour motel. Je me renseigne. Il y a une connexion filaire dans chaque chambre. Fabuleux, je vais m'avaler un burger (bien meilleur qu'en France, soit dit en passant) pour fêter ça !

Hoy didi.
RépondreSupprimerPas le temps d'aller a la plage quelque jours que tu nous écris déja des romans ... ha lala je te jure.
Bon anyway juste j'ai repensé a un truc mais j'ai oublié de te le dire avant de partir. Regarde le site easyroomate pour trouver une coloc... Je sais que ca marche plutôt pas mal plus au nord chez les caribou alors pourquoi pas à LA.
Cheerz, take care.